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Julie Brock Compte rendu de Réception et créativité
- Le cas de Stendhal dans la littérature japonaise moderne et contemporaine -
4ème session (2-3 juillet 2010)
« Le fonctionnement de l'effet de vie
dans les œuvres en traduction »
« Réception et créativité - Le cas de Stendhal dans la littérature japonaise moderne et contemporaine » est le titre d'une recherche prévue sur trois ans (2009-2011). Agréé par l'International Institute for Advanced Studies (IIAS), le projet est financé par le Ministère japonais de l'Education et piloté par Julie Brock. Le groupe s'est déjà réuni trois fois (mai et novembre 2009, et mars 2010). Il s'est réuni pour la quatrième fois les 2 et 3 juillet 2010. Quatorze personnes étaient présentes, parmi lesquelles onze membres permanents (spécialistes de littérature française, de littérature japonaise, comparatistes, philosophes, traducteurs et éditeurs), et trois invités, Monsieur Philippe Janvier-Kamiyama, Monsieur Marc-Mathieu Münch et Madame Ogawa Hiroko.
Contexte
Notre projet intéresse des spécialistes de littérature française, de littérature japonaise, d'esthétique et de comparatisme, ainsi que des traducteurs, traductologues, éditeurs, critiques littéraires, auteurs littéraires et autres créateurs ou producteurs artistiques. Les travaux sont entièrement bilingues, en français et en japonais, ce qui est à notre connaissance une première au Japon dans le domaine des sciences humaines. La publication des Actes est prévue, en langue japonaise sur les presses de l'IIAS, en langue française aux Editions Peter Lang, réputées pour l'excellence de leurs publications académiques et pour leur service de diffusion internationale, notamment dans les pays francophones.
L'appui théorique est fourni par Marc-Mathieu Münch, auteur d'une théorie littéraire intitulée « Effet de vie » (L'Effet de vie ou le singulier de l'art littéraire, Ed. Honoré Champion, 2004). Notre projet se propose d'expérimenter la théorie de l'effet de vie, non pas simplement pour constituer une accumulation d'études, mais en vue de réfléchir sur la validité, la pertinence et l'utilité de cette théorie en tant que fondement d'études transdisciplinaires dans le domaine des sciences humaines.
Les deux premières sessions ont traité successivement de la réception de Stendhal au Japon (1ère et 2ème sessions) et de la réception de Stendhal par Ôoka Shôhei (3ème session). Cette quatrième session a porté sur le fonctionnement de l'effet de vie. Respectivement présidés et animés par Mme Iwamoto Kazuko et M. Takaki Nobuhiro, les travaux portèrent, la première journée, sur les auteurs japonais et la deuxième journée sur les auteurs occidentaux.
Le discours d'ouverture, de M. Philippe Janvier-Kamiyama, introduisit le débat : « Est-ce que quand je lis Pays de neige de Kawabata mon plaisir est de même nature ou de même intensité que celui qu’éprouve un lecteur japonais, et celui-ci goûte-t-il les Mémoires d’Outre-tombe de Chateaubriand avec un délice comparable au mien ? (…) Et puis se pose immédiatement le problème de la traduction : est-ce bien la même œuvre que nous lisons (…) ? » Pour tenter de répondre à ces questions, tous les contributeurs se sont efforcés de montrer le fonctionnement de l'effet de vie dans la lecture des œuvres en traduction. Les contributeurs japonais, notamment, ont apporté un corpus extrêmement riche et dense de citations d'auteurs (Ueda Bin, Uchida Roan, Ôoka Shôhei), qui vérifient l'hypothèse de M. Münch selon laquelle tous les auteurs du monde entier, quelles que soient leur langue, leur nationalité ou leur culture, se préoccupent d'abord de l'« effet » que leurs écrits produiront sur le lecteur, un effet qui, dans le cas d'une œuvre littéraire, vise à toucher toutes les facultés du lecteur (son imagination et sa mémoire aussi bien que sa faculté de sentir et de penser) afin de produire sur lui un impact comparable à celui des phénomènes du vivant.
Contenus
La communication de Marc-Mathieu Münch consistait en une analyse d'une œuvre littéraire, en l'occurence Les Feux d'Ôoka Shôhei (trad. Marie-Rose Fayolle, Ed. Autrement, 1995), selon les moyens méthodologiques offerts par la théorie de l'effet de vie. Soulignons qu'il s'agissait de la première tentative de ce genre conduite par M. Münch. Il avait choisi pour objet d'analyse une œuvre traduite du japonais afin de favoriser le dialogue avec ses hôtes et collègues japonais. Articulée sur les cinq « corollaires » de l'effet de vie (cohérence, plurivalence, ouverture, matériaux concrets et jeu sur les formes), son analyse a montré que la théorie est parfaitement fonctionnelle, et qu'elle permet de faire entrer un grand nombre d'observations dans une seule et même trame de lecture.
L'exposé de Julie Brock visait à montrer que la lecture de Verlaine par Ôoka Shôhei, attestée dans deux articles de cet auteur, est incomplète et tendancieuse, mais que c'est justement ce défaut d'objectivité qui, en 1951, renouvelle les sources de la création des Feux.
Madame Ogawa Hiroko présenta Ueda Bin, premier introducteur de Stendhal au Japon. En citant des articles de cet auteur, sur l'art et sur le roman, elle montra qu'Ueda Bin inaugure la recherche stendhalienne dans la perspective du changement social qu'il appelle de ses vœux. Monsieur Shimizu Takayoshi présenta Uchida Roan, premier traducteur japonais du roman de Dostoievski Crime et châtiment. En citant les Mémoires d'Uchida Roan, il montra que c'est clairement un « effet de vie » qui est à l'origine de la motivation du traducteur. Par ailleurs, en comparant la traduction japonaise avec la traduction anglaise qui lui servait de modèle, il montra que les passages qui évoquent une critique sociale, édulcorés dans la traduction anglaise, sont pleinement restitués dans la traduction japonaise. Examinant cette traduction, il fit remarquer que la langue japonaise, par la richesse du système d'écriture (y compris les yomigana), permet de rendre la plurivalence de l'expression russe.
Monsieur Matsumura, en partant de l'échange qui eut lieu de leur vivant entre Balzac et Stendhal, réunit ces deux auteurs avec l'écrivain japonais Ôoka Shôhei, qui, un siècle plus tard, traduisit et commenta leurs échanges en japonais juste avant la Seconde guerre mondiale. Son propos était de montrer que les points de vue explicités dans cet échange sont contradictoires les uns par rapport aux autres, mais que les positions prises par chacun des auteurs laissent des traces dans leurs œuvres respectives qui gagnent ainsi des contours plus nets, une visée mieux définie et une plus grande singularité du point de vue du style.
Discussion
Les discussions se sont déroulées en deux grandes parties : lors de la séance de nuit qui s'est déroulée à l'hôtel le vendredi soir, et dans le prolongement des communications du samedi matin. La première partie a porté principalement sur la théorie de l'effet de vie. En fin de séance, il restait une quinzaine de questions auxquelles M. Münch n'avait pas eu le temps de répondre. Il apporta à toutes ces questions une réponse synthétique le samedi après-midi.
La discussion du samedi matin porta sur les exposés des contributeurs japonais. Elle montra que la littérature japonaise elle-même, dans son ensemble, peut être considérée comme un formidable « effet de vie », et fit ressortir le fait que les auteurs aussi bien que les lecteurs en sont parfaitement conscients. Ce qu'apporte aux spécialistes japonais la théorie münchéenne de l'effet de vie est un outil de conceptualisation, une méthode, c'est-à-dire une manière de mettre en forme les éléments qui montrent, à travers l'analyse, qu'une œuvre de littérature est à proprement parler une « œuvre ».
Dans sa synthèse orale, M. Münch montra que la critique littéraire, faute d'une méthodologie assez solide, se trouve généralement en difficulté devant la question de savoir quels critères permettent de déterminer la valeur des œuvres. Ayant fondé sa théorie sur les écrits d'auteurs du monde entier, à condition que ceux-ci soient passés à la postérité, une œuvre est « réussie », aux yeux de M. Münch, si elle est capable de produire sur le lecteur un impact qui touche toutes les facultés de la sensibilité, de l'intelligence et du raisonnement. La méthode qu'il apporte permet de repérer les éléments du texte qui produisent cet impact, et de les rassembler dans la trame d'un questionnement qui se construit à partir du lieu de la lecture, c'est-à-dire à partir de la subjectivité du lecteur.
Conclusion
Offrant aux chercheurs la possibilité de redonner sa place à l'être humain (auteur, lecteur, traducteur, éditeur, critique, adaptateur, etc.) au centre même du phénomène de la création littéraire et de sa réception, la théorie münchéenne intéresse au premier plan les recherches de sciences humaines. Elle fournit une méthode d'analyse des œuvres littéraires, fort utile dans la pratique pour déterminer les critères de valeur d'une œuvre, que celle-ci soit originale ou traduite. Enfin, elle apporte des lumières fondamentales dans le domaine de la critique littéraire, de la traductologie et des études de littérature comparée.
Perspectives
La qualité excellente des contributions, livrées en français et en japonais, permet de procéder immédiatement à la mise en forme en vue de la publication des Actes en langue française par les Editions Peter Lang. Outre l'ensemble des communications mentionnées plus haut, les Actes comprendront des « Salutations » de M. Nakagawa Hisayasu », une « Synthèse des discussions » par M. Michel de Boissieu, un « Message » de M. Jean Ehret, une « Réflexion sur l'hybridité de la littérature » par Julie Brock, une préface et une postface. Grâce aux soins diligents des éditions Peter Lang, nous espérons une publication rapide et par conséquent une diffusion dans la plupart des pays francophones.
Par ailleurs, Marc-Mathieu Münch a distribué des documents en vue de permettre à tous les participants de publier leurs articles ou leurs découvertes à venir sur le site multilingue de l'effet de vie (effet-de-vie.org), qui comprend une version de langue japonaise.
Les prochaines sessions ont pour but de poursuivre les investigations sur l'effet de vie, à commencer par la cinquième session, qui aura lieu les 12 et 13 novembre 2010, et sera consacrée aux questions touchant à la traduction des œuvres. Elle réunira des traducteurs de Stendhal, de Chateaubriand et d'Ôoka Shôhei. Les invités seront Thierry Maré, traducteur du roman d'Ôoka Shôhei La Dame de Musashino, et Michal Jakob, directeur de la revue Compara(i)son.
Pour finir
Le projet a bénéficié jusqu'à ce jour du financement quasi-intégral du Ministère japonais de l'Education. Mais les difficultés financières que traverse actuellement le Japon ont pour conséquence des restrictions budgétaires qui risquent de faire obstacle aux invitations de spécialistes étrangers. En 2011, au moins deux réunions sont prévues. La première, fixée provisoirement les 2 et 3 juin, portera sur les thèmes de l'édition et de la critique de l'art. Notre invitée sera Madame Béatrice Didier, professeur émérite de l'Ecole Normale supérieure, spécialiste de la littérature française des XVIIe et XVIIIe siècles. La deuxième aura lieu en novembre 2011 et portera sur le comparatisme des littératures et des cultures. Notre invité sera M. François Lecercle, professeur de littérature comparée à l'Université Paris IV. Grâce à la contribution de ces deux spécialistes, nous pourrions atteindre à la conclusion de ce projet qui devrait s'achever par un forum ouvert au public en mars ou avril 2012.
Remerciements
La responsable et tous les membres du projet remercient M. Oike Kazuo, directeur de l'IIAS, et son équipe. Nous remercions le Consul général de France, Monsieur Philippe Janvier-Kamiyama, et l'attaché de coopération du français auprès l'Ambassadeur de France, Monsieur Maxime Pierre, pour la contribution qu'ils ont apportée à la réussite de cette session. Dans l'espoir que les institutions françaises et japonaises voudront bien autoriser les aides nécessaires pour la poursuite de notre projet, nous les assurons de notre dévouement à la recherche internationale, et particulièrement franco-japonaise, dans toutes les disciplines des sciences humaines.
Kyôto, 10 juillet 2010
La responsable scientifique,
Julie Brock
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Marc-Mathieu Münch
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Samedi, 17 Juillet 2010 |
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in Pourquoi des théories, Les Solitaires intempestifs, 2009, pp. 11-28.
Deux postulations opposées se rencontrent aujourd’hui dans la critique académique. La première, que j’appelle centrifuge, se fonde sur le fait que la littérature parle de tout et révèle tout l’humain. Elle lui applique, en conséquence, toutes les sciences humaines connues depuis l’histoire jusqu’à l’ethnopsychologie en passant par la linguistique textuelle. Cette postulation est aujourd’hui dominante. L’autre est centripète et cherche à faire exister l’idée que la littérature possède une spécificité forte qu’elle ne partage qu’avec les autres arts. Et qu’il y a donc lieu de créer une science humaine dédiée à cette spécificité forte. C’est la jeune théorie de l’effet de vie qui se place sous l’égide des grands créateurs.
Or, l’article de Denis Guenoun, publié dans le récent Pourquoi des théories, qui est le premier volume du Groupe de Recherche Théoriques de l’université Paris-Sorbonne, me semble un révélateur exemplaire de ce qui sépare la critique centripète de la critique centrifuge qui a de plus en plus tendance à s’éloigner de la littérature proprement dite. L’auteur part du récit et du drame pour arriver à deux conclusions affirmant l’une, que l’analyse dramaturgique doit se dépasser pour « accéder aux fonctions pratiques, sociétales ou stratégiques des productions spectaculaires » (p. 28) et l’autre que c’est aux humains et non au capitalisme de « conquérir une unité du monde à venir » (p. 28).
J’ai choisi cet article parce qu’il est brillant, mais aussi parce que sa démarche claire et logique donne ample matière à réflexion théorique. Elle permet, en effet, de suivre un chemin rationnel qui va de carrefour logique en carrefour logique où l’auteur choisit, à chaque fois, une route plutôt qu’une autre, ce qui invite le lecteur, tout en avançant, à saluer au passage les routes délaissées.
Le projet de l’article est de «caractériser de façon comparative le récit, le drame et le match. » (p. 11) Il définit ses concepts en choisissant les outils du structuralisme linguistique pour définir d’abord le récit : « […] tout récit est l’exposition d’un processus dans lequel un agent ou un groupe d’agents solidaires (A) agit pour atteindre un but, et voit cette action entravée par une série d’obstacles qui retardent, ou empêchent, la réalisation de l’objectif. » (p. 12) Cette définition est déjà un carrefour puisqu’elle ne souffle mot ni de l’auteur, ni du public, ni du style, ni de l’art littéraire, toutes choses qui sont pour beaucoup –et surtout pour les grands écrivains - des éléments constitutifs du récit. Mais allons de l’avant. Au prochain carrefour, Denis Guenoun définit le drame . Il choisit de le faire par rapport au récit. Le drame est alors « un sous-ensemble de la catégorie plus large des récits » (p. 16), et il « est un récit où les obstacles à la réalisation de l’objectif par l’agent (A) proviennent exclusivement ou principalement de l’action d’un autre agent (B). » (p. 12) C’est très logique. Une autre route logique eût été , mais je ne m’y arrête pas, de se demander si le drame est un sous ensemble du théâtre. Cela s’est vu et cela eût nécessairement modifié la démarche. Avançons toutefois car « on peut, dès lors aborder la structure du match. » (p. 16) Voici un carrefour de grande circulation. Il n’est pas aberrant de définir le match sans passer par le récit ni par le drame. On peut dire, cela s’est vu, qu’il s’agit des jeux de cirque modernes, ou d’une compétition entre joueurs, clubs, villes et nations, ou même d’un sport.
Pourtant, dit l’auteur, « le match semble endosser » toutes les caractéristiques formelles du drame – et donc du récit » (p.16). Avec cette différence, précise-t-il, que le récit et le drame adoptent le point de vue affectif du héros et de son groupe alors que le match choisit « la règle qui institue l’égalité entre les deux équipes » (p. 17). Il y a donc quelque chose qui « fait encore défaut » au match et c’est « la détermination du vecteur » qui fait décider « pour qui on est. » (p. 17) Peut-on dire ici que le match est un drame à qui il manque quelque chose sans se demander, en bon chercheur, si le drame n’est pas plutôt un match auquel il manque quelque chose, c’est-à-dire la liberté pour l’auteur ou pour le lecteur de choisir pour qui il est ? Et saluer, en passant, la route des esthétiques littéraires qui mènent ou bien aux récits mettent en scène un antihéros, ou qui varient le point de vue, le vecteur, ou encore l’énorme chapitre des esthétiques littéraires qui explorent l’ambiguïté des buts à atteindre et la question du sens fléché, « engagé », de l’ensemble. De grands effets d’art ont été atteints au bout de ces chemins. Ils n’ont pas grand-chose à voir avec le monde en noir et blanc des passions footballistiques.
En ce point du discours l’auteur montre très bien que les foules de nos cirques modernes prennent parti pour l’une des deux équipes. Ce faisant ne barre-t-il pas plusieurs chemins en disant que ce parti-pris est quasi indispensable ? : « On dit souvent (et on remarque dans les grandes compétitions) qu’il est difficile de trouver de l’intérêt voire de prendre du plaisir comme spectateur d’un match sans décider « pour qui on est.» (p.17) Denis Guenoun a raison eu égard aux passions des foules, mais que fait-il de ceux qui ne prennent pas parti, de ceux qui regrettent les passions de cette prise de parti, de ceux qui définissent le sport comme le fait Pierre de Coubertin, par exemple ?
Comment expliquer ces passions, leur intensité, leur rigidité psychique ? C’est une question (un carrefour) qui pose des problèmes complexes aux psychologues qui réfléchissent à la construction de l’identité des individus modernes, aux sociologues travaillant sur les mouvements des foules, aux médiologues analysant la façon dont les médias les encouragent, aux policiers chargés des débordements, sans oublier le rôle des politiques et des capitalistes. L’auteur privilégie le capitalisme, là où j’aurais tendance à conseiller, avec Edgar Morin, la pensée complexe. Il montre, avec d’excellents arguments, que le capitalisme soutient les grandes manifestations sportives. Le sujet de son article en est modifié : « La question devient alors : pourquoi le capitalisme global favorise-t-il à ce point, et s’engage-t-il aussi activement, dans ce jeu planétaire du national et des nations ? » (p. 20)
Le lecteur est arrivé au point ultime du mouvement centrifuge de cet article qui montre dès lors, en s’appuyant sur I. Wallenstein et sur E. Balibar que « le processus de mondialisation en cours depuis les débuts de la modernité, et visiblement accentué aujourd’hui, n’est aucunement un processus de désétatisation. » (pp. 22-23). Et il affirme, comme je le relatais plus haut, que c’est à nous de devenir les vrais acteurs de la mondialisation.
En somme, tout conduit à tout, et inversement. La jeune école de l’effet de vie ne le conteste pas. Elle se réjouit que les modernes sciences humaines aident les littéraires à mieux connaître le phénomène humain. Elle se borne à réclamer le droit de chercher aussi ce qui fait que l’art littéraire est quelque chose de spécifique comme le veulent tous les grands auteurs que nous tâchons de faire aimer aux peuples modernes.
Je termine en rappelant que le volume entier annonce une réflexion sur le « pourquoi des théories ». Denis Guenoun n’aborde pas ce sujet, s’en explique dans la Présentation et s’en excuse dans les dernières lignes de l’article. Il a raison ; le cadre court d’un article de dix-huit pages ne le permet pas. Je n’en parlerai pas non plus ici et pour les mêmes raisons. Sauf à suggérer que l’un des avantages de la théorie est d’enseigner aux chercheurs à explorer tous les chemins de chaque carrefour logique.
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Marc-Mathieu Münch
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Mardi, 17 Novembre 2009 |
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